La dernière grossesse

Il y a une semaine, j'ai eu un petit doute.
Pas de retard de règles, mais cette impression de me lever tous les matins vaseuse, les bouffées de chaleurs au fil de mes journées, des douleurs dans la poitrine. 
Je n'avais pourtant pas à m’inquiéter, je porte un DIU depuis la naissance de ma pépite, mais quand même, je me disais... Et si... Si je faisais partie des 0,5 % de femmes qui tombent enceintes sous stérilet...



L'idée a germé dans ma tête, elle est restée scotchée, et avec mon gout prononcé pour le cinéma et la dramaturgie, j'ai commencé à prédire mon avenir... 
"C'est vraiment pas le moment... Pépite n'a qu'un an... On a déjà du mal à s'organiser avec deux... Et puis Papa Cailloux a toujours dit qu'il ne voulait pas plus de deux enfants... il va falloir changer de voiture... Pépite et Gravier vont devoir partager leur chambre... Je vais encore grossir... Mes parents vont faire une attaque..."

Bref je me voyais déjà enceinte d'un 3ème marmot, donc prise de panique je me suis rendue à la pharmacie acheter 2 tests de grossesse, histoire d'être bien sûre que oui, c'est positif.
Le lendemain matin, j'attends 5 interminables minutes (mais pourquoi sont-elles toujours aussi longues ?), et le verdict tombe: NEGATIF.


Sur le coup je n'y croyais pas, mais les résultats du test ne pouvaient pas être plus clairs.
Et alors là, tout est devenu très confus. 
Un mélange très bizarre de soulagement et de déception

J'étais soulagée parce que si j'étais vraiment tombée enceinte, la situation aurait été compliquée à gérer, alors que nous venons tout juste de trouver notre équilibre à quatre.

Mais une part de moi était inconsolable. 
Je me suis rendue compte qu'il n'y en aurait certainement plus, que j'avais déjà vécu ma dernière grossesse
J'ai compris que je ne sentirai plus de petit être grandir et bouger dans mon ventre, que je ne revivrai plus l'excitation des échographies, ni la "magie" de l'accouchement, que je ne sentirai plus la bonne odeur du nourrisson blotti tout contre moi. Et cette perspective m'a laissé désœuvrée. Je me suis sentie tout à coup comme une coquille vide.

Je me sens comblée (et fatiguée) avec mes deux enfants mais maintenant que ma pépite marche, que mon gravier grandit à vue d’œil, je repense avec nostalgie à mes grossesses et à leurs premiers mois.

Comment fait-on le deuil de la dernière grossesse ? Comment arrive-t-on à dire stop ?
 
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