Les tabous des mamans

Vous avez sûrement déjà entendu la célèbre expression "Avant j'avais des principes, maintenant j'ai des enfants". Non ?! Mais qui est donc le sage qui nous a pondu cette phrase ?  Personnellement je vénère cette personne, d'ailleurs si tu me lis, MERCI !

C'est en parcourant la blogosphère dernièrement et au fil de mes lectures que je me suis rendue compte que certains sujets n'étaient abordés que très frileusement par les mums et mumstobe. Et ça se comprend très bien, étaler son intimité devant la terre entière n'est pas une mince affaire, cela demande de prendre du recul, d'avouer ses faiblesses, de se mettre en danger. Et il y a également l'éternelle culpabilité que l'on traine derrière nous dès lors que nous devenons mère, et les 50 questions par jour qu'on peut se poser. 
Pourtant ces sujets nous en sommes friandes car même si nous n'osons pas l'avouer, ils concernent bon nombre de femmes. 

Alors je vais tenter de vous énoncer comme je peux mon inavouable, histoire d'en faire déculpabiliser quelques unes, et si possible d'en aider certaines. J'espère néanmoins que ce que je vais écrire ne va pas décourager les jeunes femmes sans enfants qui me lisent, car au delà de tout ces tabous, le bonheur d'être mère dépasse de loin tout ce que vous pourrez lire ci-dessous. C'est parti !


1 -  Depuis que je suis mère, ma vie est dominée par la peur. La peur de perdre mes enfants, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de ne pas être aimée, la peur de rater leur éducation, la peur d'accoucher, la peur de la MSN, la peur qu'ils soient malheureux... Bref j'ai eu peur d'à peu près tout et n'importe quoi, je suis une grande angoissée. Avant d'avoir mon petit gravier je me demandais si j'allais être capable de changer une couche et de m'occuper correctement de lui. Puis pas à pas on franchit des étapes, on surmonte ses peurs, les unes s'évanouissent et sont remplacées par d'autres, et je pense que ce sera ainsi jusqu'à leur majorité, voire même plus tard. Mais aujourd'hui par contre, je n'ai plus peur d'avoir peur.



2 - La frustration. Depuis ces trois dernières années il m'est déjà arrivé de me demander si j'avais fait le bon choix en faisant des enfants. Bien sûr, jamais je ne regretterai de les avoir eu, je les ai tellement voulu et les aime tellement, mais il m'arrive souvent de regretter ma liberté d'antan. Je suis fille unique de nature très sociable, j'aime voir des gens, aller au cinéma, voyager, faire les choses à la dernière minute sans les planifier, sortir tard le soir, aller à des concerts. Oui il est possible de continuer à faire toutes ces choses tout en ayant des enfants, mais cela demande de l'organisation et laisse peu de place à la spontanéité. C'est en cela que je me sens souvent très frustrée et j'avoue m'être demandé lors de quelques moments de faiblesse si réellement j'avais fait le bon choix.

3 - Avoir un enfant c'est difficile, en avoir deux c'est épuisant. Vous qui êtes parents de famille nombreuse, comment faites-vous ? Donnez moi donc votre secret !
J'avoue qu'il m'est arrivé, surtout les premiers mois, de me sentir complètement dépassée par les évènements. Imaginez-moi avec à peine 3 heures de sommeil dans la tronche, pas lavée (pas le temps) toute la journée en pyjama, les seins à moitié à l'air car j'allaitais toutes les 2 heures, un petit arapède collé à moi 22 heures sur 24, et un enfant de 2 ans et demi en pleine régression et rébellion. Je vous le dis je faisais peur à voir. La première fois que j'ai du m'occuper de mes deux enfants toute seule j'ai bien cru que je ne finirai pas la journée.
Le bébé se met à pleurer, mon gravier entre en hurlant de pleurs dans sa chambre, et à mon tour je laisse apparaître des larmes de désespoir. Nous pleurons tous les trois ensemble dans la chambre de ma pépite, papa Cailloux rentre du travail l'air interrogatif en nous découvrant ainsi... Heureusement cela n'a pas duré, et je gère maintenant mes 2 enfants d'une main de maître (ironie). 

4 -  Être parents une deuxième fois a rendu plus difficile notre relation de couple. Avoir des enfants impacte forcement la vie de couple, que ce soit en bien ou mal. Pour ma part après l'arrivée de notre deuxième enfant, je sentais nos échanges beaucoup plus tendus. 


La fatigue, le peu de temps à consacrer à soi et à son couple a joué sur notre patience et notre façon de communiquer. Et puis on ne va pas se mentir, une libido au point mort après mon accouchement suivis de 3 mois de cododo avec bébé n'arrangent pas les choses. Malgré cela nous avons réussi à conserver un équilibre, et le temps et nous a aidé à nous retrouver au fur et à mesure.  

5 - Une dernière petite confession. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de ne plus pouvoir voir mes enfants en peinture, d'avoir envie de fuir seule très loin sur une île déserte, juste pour écouter le silence, et être dans ma bulle. 


Un effet de saturation du à un trop plein d'investissement sans doute, trop d'abnégation, trop d'oubli de soi, trop de bruit tout le temps. Du temps pour soi, il en faut, c'est vital. 
Et pour pouvoir avoir quelques minutes de répit, comme beaucoup de parents j'ai succombé à la tentation de lobotomiser mon enfant devant la télé avant les 3 ans recommandés (oui c'est très très mal, je sais...) Mais je ne m'en veux plus, car du temps, nous parents, nous en avons aussi besoin.

  Ne partez pas en courant en vous disant qu'au grand jamais vous ne ferez d'enfants après la lecture de ces quelques lignes; car ce que je viens de vous révéler ne sont que de simples détails comparé au bonheur et à la joie que me procurent mes enfants et la maternité dans son ensemble au quotidien. Je l'ai déjà écrit de nombreuses fois et je le redis encore une fois, la maternité c'est difficile, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Et vous, avez-vous des petits secrets de mamans inavouables?
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19 commentaires

  1. Comme je me retrouve dans tous ces points ! Secret inavouable : envoyer régulièrement l'homme et les Enfants en sortie pour être tranquille à la maison - cf. Ton point 5 ! Le vrai point noir de la maternité pour moi ! Mais je ne ferais marche arrière pour rien au monde !

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    1. Héhé moi aussi j'envoie régulièrement le papa en ballade avec les enfants

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  2. Et bien, sache que je ressens ou au ressenti exactement TOUT ce que tu mentionnes... C'est vrai que l'on a tendance à ne pas s'étaler sur ces moments moins "instagramables", ils font néanmoins partis du quotidien. Ce qui est marrant, c'est que j'ai justement ouvert mon blog en ressentant cette anesthésie émotionnelle après la naissance de ma seconde fille, quand j'étais comme toi, épuisée, les seins à l'air, les hormones en montagnes russes, enfermée avec mes 2 gnomes en pleine canicule estivale (pas de mode de garde pendant les grandes vacances, merci la Creche...). Enfin bref, merci pour cet article, il en faut d'autres comme celui-ci, pour que nos témoignages apportent un peu de réconfort à celles qui pleurent recouvertes de lait caillé sous un monticule de pyjamas et de bavoirs à laver ��. Bises

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    1. Merci! Je suis contente si ce que j'ai écrit peut en aider certaines à se déculpabiliser et dédramatiser un peu. Le lait caillé ça me rappelle des souvenirs !

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  3. Je crois qu'on est toutes pareilles, ce n'est pas là dessus qu'on insiste au quotidien mais ce n'est pas toujours rose même quand on aime être maman, et qu'on aime ses enfants! Même que des fois on mettrait même le papa à la rue ;o) - Et puis, et bien, ça passe. Des hauts, des bas, l'ascenseur émotionnel, c'est ça aussi la maternité. Heureusement j'ai l'impression que ça devient de moins en moins tabou, de quoi nous culpabiliser un peu moins...Rassures toi, il y a genre 1 an et demi j'étais pareille, et puis, ils grandissent un peu et ça va de mieux en mieux! Un de mes prochains articles parle de ça, justement, ça devrait te rassurer! Te voilà avec un spoiler, en prime ;o)

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    1. Du coup je vais le publier demain ;o)

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    2. Oh oui, publie Picou, j'ai hâte de lire ça, et de me rassurer !!!! :D

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  4. Tu as oublié la nostalgie de son corps de jeune fille 🤡
    Non mais c'est tout vrai!

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    1. Arrf j'en parle même pas de la nostalgie du corps de jeune fille tellement c'est évident pour moi....

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  5. Absolument tout dans cet article me parle, et j'aurai pu écrire chaque ligne.... ! La peur, la frustration, la saturation, la pensée fugace qui te traverse et que tu regrettes aussitôt "mais pourquoi j'ai fait ça ? Pourquoi j'ai fait un deuxième, ça m'avait pas suffit la première fois ???!!!"

    Et pourtant.... c'est assez incroyable, mais pour rien au monde je ne souhaiterais que mes enfants n'existent pas... même si parfois j'aimerai qu'ils existent un peu plus loin de moi, le temps que je souffle !!!

    Je ne sais pas laquelle de mes tantes m'a dit, alors que je lui confiais qu'un boulot et deux enfants en bas âge c'était dur, "il faut survivre à la petite enfance"... j'ai trouvé ça très juste, et je m'accroche, car ça va forcément s'améliorer... non ?

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    1. Mais oui on va s'améliorer !! Enfin je crois :)
      Et effectivement les mots de ta tante sonnent très justes bises

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  6. Avec le second qui vient d'arriver, je me retrouve mot pour mot dans ton article !! (c'est moi qui casse l'assiette d'ailleurs non ?! ;-)).
    J'ai l'impression que ce sont des sujets très tendance de la blogo parentale en ce moment (bon en même temps c'est aussi ce qui m'intéresse ce qui explique surement pourquoi je lis principalement les articles sur ce thème ;-)) mais en tout cas ça fait du bien de lire des vécus, ressentis, expériences de "vrais" gens ! Parceque moi dans la liste je rajoute la culpabilité permanente ! de ne pas consacrer assez de temps aux enfants, de ne pas avoir fait telle ou telle chose, d'avoir envie de temps pour moi, de ne pas réussir à tout gérer ... ! Même si je vois que ce sentiment est largement partagé, ça fait toujours du bien de lire qu'on n'est pas seule dans ce cas !
    Bon et puis toi tu as qd même réussi à organiser un mariage avec tout ça, tout en continuant d'écrire pour ton blog... Chapeau Madame !!

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    1. Merci ! Je commence à souffler un peu depuis que la petite a 6 mois :)
      Ca va vite arriver pour toi aussi !!!

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  7. Je me retrouve dans ce que tu décris.
    Ca fait du bien de savoir qu'on n'est pas la seule à penser qu'on a fait une connerie en devenant mère et à imaginer balancer ses enfants par la fenêtre. Enfin bien sûr qu'on le sait qu'on n'est pas seule, mais de là à entendre une autre maman avouer...pareil pour le couple et pour le manque d'hygiène corporelle certains jour où tout s'enchaine.
    Moi une collègue est passé me voir ce matin, elle appelle à 9h30 pour confirmer, je lui répond "bon je vais m'habiller alors", elle me répond "tu as le temps pour trainer tranquillement" insinuant que si j'étais encore en pyjama à cette heure c'est que je devais me la couler douce (ben oui, je suis en congé maternité). Du coup elle est arrivée une heure plus tard (trois quarts d'heures en avance)je venais d'enfiler mon tshirt, je n'avais pas mis de déodorant. (et bien sur mon trois mois a dormi et mon deux ans et demi était adorable, elle a du penser que je me la coulait douce, et bien sur quand elle est partie à midi le bébé a hurlé de faim et le grand aussi sauf que je n'avais eu le temps de rien cuisiner...) je raconte un peu ma vie non?
    Sinon, contrairement à toi, je suis plutôt casanière. Mais même si je ne suis pas trop frustrée de ne pas pouvoir sortir comme je veux, je suis frustrée de ne pas pouvoir glandouiller comme je veux!

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    1. Haha c'est typiquement le genre de trucs qui m'arrive! Quand tu as des visites se sont des anges et des que les gens partent ils se transforment !

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  8. Ah oui je comprends et partage, surtout la peur et la frustration qui ne me quittent pas !

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    1. C'est fou jamais on est toutes pareilles en fait ;)

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  9. Merci pour cet article, je me reconnais bien dans tes tabous. La peur mon dieu mais tu la décris si bien! Parfois même en pleine action j'ai la petite voix dans ma tête qui me dit "putain t'as dit ça c'est sur il est traumatisé" (heureusement une autre me dit "ça va relativise" (oui on est parfois nombreuse dans ma tête))...
    Bref merci pour tes tabous qu'on est nombreuse à partager!

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