Blues & Milk

Cela fait quelques temps que j'ai envie d'écrire cet article sans y parvenir. J'ai encore du mal à trouver les mots justes et à y penser sans sentir une petite boule au fond de mon ventre et les yeux me picoter. 
Mais je me lance, parce que je sais que cela va finalement me faire du bien, de sortir tout ce que je n'arrive pas à sortir depuis 3 semaines. 

Je vais vous parler du sevrage de ma pépite et de mon étonnant babyblues à retardement.  




Je pensais arriver sans trop de difficulté à continuer un allaitement mixte après ma reprise du travail. Je comptais sur 2 tétées par jour et du no limit les weekends. Mais la fatigue en fin de journée, le retour de couches, et les weekends pas vraiment no limit ont eu raison de mon allaitement. 

J'aurais pu persévérer, tirer mon lait, me coucher plus tard, mais j'ai abdiqué. J'ai choisi la facilité. Parce que "Non mais attends, 7 mois c'est vachement bien déjà !", ou encore parce que "Il va falloir commencer à la lâcher un peu ta fille, maintenant elle est grande !". Oui j'ai choisi la facilité même si cela ne me convient pas. 

En fait, je me rends compte que j'aurais aimé l'allaiter jusqu'à ce qu'elle me fasse elle-même comprendre qu'elle n'en avait plus envie. Tout se serait passé naturellement, sans forcer les choses.

Je me suis faite une raison, après tout il fallait bien que ça arrive un jour. La vie suit son petit bonhomme de chemin. On file au boulot, on fait des bib, on rentre, on va chercher le grand frère chez la nounou, on passe de 12h collée à son bébé, à 4 petites heures sans vraiment avoir le temps d'en profiter. 

Et là j'ai vraiment accusé le coup. 
Après la naissance de ma pépite, je n'ai pas eu de babyblues, contrairement à celle de son grand frère où je me suis littéralement transformée en larme géante ou en chutes du Niagara si vous préférez. 


Non pour ma pépite je n'ai pas eu ce sentiment d'avoir mon enfant dans mes bras et me sentir si vide et seule. J'ai craqué plus d'une fois mais toujours pour des raisons "organisationnelles", parce que je doutais de ma capacité à gérer mes 2 enfants en même temps lorsque j'étais seule, ou encore parce que j'étais épuisée les premiers mois. Mais ça n'était pas une douleur de l’intérieur, des tripes.

On dit souvent que la période d’allaitement est le prolongement de la grossesse. Lorsque j'ai repris le travail et arrêté d'allaiter ma pépite, j'ai eu l'impression d'être amputée d'un membre. Comme tu y vas ! Tu ne serais pas un peu marseillaise toi ? ;)
C'est pourtant ce que j'ai ressenti. Je l'ai ressenti dans mon corps cette douleur, 7 mois après sa naissance, elle irradie tout mon être. Ce vide que je n'ai pas eu la première semaine, je le ressens tellement fort aujourd'hui.

Certains diront que nous avons été un peu trop fusionnelles ma pépite et moi et que c'est pour cela que les choses sont si difficiles pour moi maintenant. 
A ceux là je répondrais que nous avions besoin l'une de l'autre. Cet amour inconditionnel, j'avais besoin de le garder tout contre moi. Un amour simple, sans concessions, brut comme la jolie petite pierre qu'elle est. Et elle, elle avait besoin de sa maman pour se rassurer. Pas de sa cousine, de sa grand tante ou de toute autre personne en âge de la porter, mais de sa maman avec qui elle a cohabité pendant 9 mois, dont elle connait l'odeur et la voix, qui la berce et lui murmure des comptines au creux de l'oreille. 
Peut être n'étions nous pas prêtes toutes les deux à dire au revoir à la douceur de cette grossesse. Oui peut être qu'il nous le fallait ce prolongement.

 
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9 commentaires

  1. Qu'elles sont dures ces difficultés d'allaitement (que l'on ne veuille pas allaiter et qu'on culpabilise ou que l'on le veuille mais que cela ne se passe pas comme prévu, etc...). Ces questions touchent souvent des cordes bien sensibles chez nous comme chez eux (mais souvent bien plus chez nous, les mamans). Tu dis que tu aurais voulu qu'elle s'arrête d'elle-même, mais finalement, tu dis avoir choisi la facilité. Cela s'est donc passé en douceur pour elle ? Peut-être qu'elle était plus prête que toi ? Si vous en aviez besoin de ces 7 mois dans votre bulle, tu as eu bien raison d'en profiter... Cette période de l'après est toujours un peu compliquée, c'est le cordon qui s'allonge encore un peu, mais le lien qui vous unit et qui a été construit est toujours là.

    Bon courage pour cette période de changement pas évidente !

    Bonne journée

    Virginie

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    1. Oui elle connaissait déjà le biberon car j'avais du commencer à la préparer avant ma reprise du travail. Donc pour elle l'a transition s'est faite en douceur.et c'est le plus important

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  2. Cela n'est jamais facile.. Vous avez partager quelque chose de fort. J'ai eu ce lien très fort avec mon dernier né mais au biberon car j'étais une mère apaisée, soulagée et surtout.. sereine :). il faudra du temps car 7 mois d'allaitement ce n'est pas rien (je n'ai allaité qu'un mois et demi). Courage, j'espère que tout ce passera au mieux pour elle, comme pour toi :*

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    1. Merci ! Je sais qu'il ne s'agit que d'une question de temps avant que tout cela soit passé

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  3. Oh...Ca me rend triste de lire tes mots, c'est une période dure, celle où l'on coupe un peu le cordon de ce lien fusionnel - sans doute aussi exacerbé comme c'est un BABI, non? - mais tu es encore en plein dedans, il faut le temps pour que toutes les deux vous vous adaptiez et construisiez une nouvelle forme de votre relation. J'espère que ça ira vite mieux...et surtout ne te culpabilise pas, c'est si difficile d'allaiter et de bosser!

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    1. Ho non ma Picou ! Je ne voulais absolument pas te rendre triste ! Le prochain article sera plus fun promis !

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  4. Je te sens triste en lisant ces quelques mots et je pense que c'est tout à fait normal.
    Le lien qui existe lors de l'allaitement est si particulier et c'est souvent dur de couper le cordon à nouveau.
    Je t'envoie tout mon soutien et t'embrasse

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  5. C'est vrai que c'est un article triste mais mettre fin à un allaitement lorsqu'on en a pas envie ne peut qu'être difficile ! On ne peut que te comprendre, j'appréhende tellement ce moment moi aussi ��

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    1. J'espère que pour toi cela se passera en douceur, et que tu pourras le faire parce-que tu en as envie et non pour des causes extérieures. En attendant profite bien ! Bisous

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