Life @ 4

Je viens de m'apercevoir que j'ai ouvert ce blog suite à la naissance de ma fille, et que je n'ai toujours pas fait de billet sur notre vie à quatre.
Pourtant on peut dire que c'est un drôle de chamboulement l'arrivée d'un deuxième bébé dans la famille.


Avant que n'arrive cette petite merveille, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. 
Je suis fille unique, la fratrie est quelque chose de complètement inconnue pour moi. Confiante, je me disais qu'avec un premier encore petit j'étais déjà bien rodée, et que ça ne changerait pas des masses mon quotidien.
Pendant ma grossesse, j'ai entendu toutes sortes de témoignages de couples ayant déjà plusieurs enfants, tous différents. 
Certains m'assuraient que c'était plus facile, l'ainé aide et s'occupe du deuxième.
D'autres me disaient que les premiers mois étaient les plus simples car les nourrissons dorment beaucoup, mais que dès que le deuxième commencerait à se déplacer je ne saurais plus où donner de la tête. 
Enfin la plupart me faisait comprendre que j'allais prendre cher, adieu liberté, tu vas devenir l'esclave de tes petits tyrans domestiques.

Et puis il y cette image de la maman parfaite que l'on voit partout et que la société veut nous imposer. 
Vous savez l'équivalent du "blond" mais en femme. La maman de deux enfants tirée à quatre épingles. Celle qui a perdu son poids de grossesse en un mois (d'ailleurs elle n'avait pas pris tant que ça), celle qui a le temps d'aller chez l'esthéticienne, chez le coiffeur, de reprendre le sport, de faire des compotes bio maison, d'entretenir son intérieur, de sortir le chien, de faire du shopping avec ses copines, de passer des soirées en amoureux, de bosser car bien entendu elle est carriériste, et de jouer avec ses enfants à qui elle apporte une éducation bienveillante et qui sont super bien élevés. 
Cette image est là, partout.

Puis ma pépite est née, et je peux vous dire que l'image d’Épinal de la mère parfaite que je voyais partout et que je voulais être a vite volé en éclats. Les premiers mois je m'estimais heureuse quand je pouvais prendre une douche.
Alors, il a fallu faire des choix. Commencer un régime, pas envisageable avec l'allaitement. Cinq mois après, je suis toujours une grosse vache.. 
Avoir une maison parfaitement entretenue, avec un enfant de 3 ans qui sème des jouets partout derrière lui et un nourrisson qui passe son temps à vomir par terre et sur moi, on oublie.

Bref vous l'aurez compris, l'arrivée de ma pépite a été un cataclysme, et ce pour tous les membres de la famille.
 

 
Pour mon petit gravier, la naissance de sa petite sœur a suscité des réactions très vives. Les présentations se sont très bien passées et mon gravier s'est tout de suite montré très affectueux avec sa petite sœur

Mais au bout de quelques semaines, il s'est mis à me rejeter assez violemment
Il ne voulait plus rien avoir à faire avec moi, même pas que je vienne le chercher le soir chez la nounou. Il me voyait porter ma pépite toute la journée et refusait catégoriquement que je m'occupe de lui, sollicitant par la même occasion deux fois plus son père. Ses mots et son regard étaient si durs, comme s'il m'en voulait d'être sa maman, comme s'il me disait "mais pourquoi est-ce que tu me trahis ?"
A contrario, il a toujours été très prévenant et possessif avec ma pépite. Il n' a jamais montré de signes de jalousie ou d'hostilité envers elle.
Son aversion vis à vis de moi aura duré presque trois mois. Ce fut une période terriblement difficile, j'étais en proie à toutes sortes de doutes sur ma capacité à être une bonne maman, à m'occuper correctement de ma famille. Je ne comprenais pas pourquoi mon gravier avait une réaction aussi disproportionnée. 
Nous l'avions pourtant beaucoup préparé lors de ma grossesse, à coup de "la maman de Tchoupi attend un bébé", en lui expliquant que sa maman et son papa l'aimeraient toujours autant après l'arrivée de sa petite sœur. Même après la naissance, j'ai toujours fait en sorte de ne pas le mettre à l'écart ou le comparer avec sa sœur mais rien n'y a fait. 
Je pense qu'il s'agissait d'un passage obligé, conséquence directe du fait que ma pépite ait besoin d'être constamment contre moi. Heureusement, cette période est désormais révolue et aujourd'hui mon petit gravier s'est bien adapté à son statut de grand frère.

Pour papa Cailloux, je pense ne pas me tromper en affirmant que l'arrivée de sa pépite a été une source de grande joie mais aussi de grande frustration. 
Nous n'en avons jamais vraiment parlé mais le fait que notre petit bébé n'arrive à se calmer qu'en présence de sa maman devait certainement être désemparant pour lui. Pas évident de trouver sa place dans une relation aussi fusionnelle que celle que j'expérimente avec ma pépite. 
Comme à son habitude, il a été d'un soutien infaillible, toujours très présent avec ses enfants, je l'admire en tant qu'homme et encore plus en tant que père. 
Les premiers mois de vie d'un nourrisson demandent toujours beaucoup d'investissement personnel de la part des parents, souvent au détriment de ses loisirs et de son intimité. 
Papa Cailloux ne s'est jamais plaint de son manque de temps pour lui. Il a été un mur porteur quand cela devenait trop difficile, il a essuyé les plâtres sans broncher quand mon caractère de cochon prenait le dessus, et a toujours cherché à me comprendre et à trouver des solutions.

Et moi dans tout ça ? Il y a tellement de choses à dire. Je suis passée par mille sentiments, un véritable ascenseur émotionnel. L'arrivée d'un deuxième enfant est une expérience fantastique, découvrir le regard émerveillé de son ainé sur sa sœur n'a pas de prix, et revivre les premiers instants de la maternité encore une fois a été pour moi une immense joie.

Une amie m'a demandé il y a quelques jours si je n'avais craqué qu'une seule fois depuis la naissance de ma fille. Je n'ai pas honte de dire que je pleure un jour sur deux. Parce que les hormones, parce que la fatigue, parce que je n'ai absolument pas de temps pour moi mis à part le soir, parce que ma maison est un bordel, et parce que je me pose 50 questions à la minute sur mon rôle de maman.


Vient s'ajouter à cela un sentiment d'isolement. On n'est jamais autant entouré que lorsqu'on vient d'accoucher et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi seule. Les gens accourent voir ta petite merveille, t'inondent de cadeaux mais au final tu n'existes plus à leurs yeux. J'ai délibérément pris un congé parental afin de profiter de ma fille jusqu'à ses six mois et mes journées ont beau être bien remplies, ce sentiment de solitude persiste. Les amis eux bossent, et lorsqu'ils viennent te voir en coup de vent il est très difficile de tenir une conversation et profiter du moment sans être entrecoupés toutes les dix minutes de pleurs ou de "maman, maMAN, MAAMAAN".
Quant à la spontanéité, on oublie hein ! Toute sortie se prépare au moins une semaine à l'avance car il faut s'organiser. Heureusement j'ai la chance d'avoir des parents très présents qui nous aident bien pour les gardes en cas de besoin.

 

A la relecture de cet article, le tableau que je dépeins peut paraître un peu décourageant pour les couples qui souhaitent se lancer dans l'aventure d'un deuxième enfant. 
En fait il n'en est rien, et c'est cela toute l'ambivalence de la maternité. C'est dur mais c'est magnifique. Et si demain papa Cailloux me proposait de rempiler pour un petit troisième, je sauterais dedans à pieds joints.
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4 commentaires

  1. Tellement d'accord avec toi...je n'en ai qu'un et déjà ce sentiment de solitude est parfois difficile. Dans le sens où j'étais une fille unique trés chouchoutée et que depuis l'arrivée de bébé j'ai l'impression de ne plus exister. alors avec deux...perso j'ai vraiment hâte de lancer bébé2 mais ça me fait également très peur

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  2. C'est aussi sûrement dû à l'allaitement, et au fait que ta pépite soit accrochée à toi! Pour Bouclette j'ai aussi pris 6 mois de congés parental, passés beaucoup à l'allaiter et ça crée quand même beaucoup de contraintes.C'est tellement prenant! Après, si j'en crois mon expérience, une fois passée l'allaitement, puis la première année, ça se calme un peu! Un bébé, qu'il soit le 1er ou le énième, ça prend tout notre temps les premiers mois. Et ça nous chamboule en tant que femme, et en tant que couple. T'inquiètes, il reviendra, ton toi "normal" et ton rythme de croisière! il faut juste laisser un peu de temps...Et finalement, tu deviendra sans doute nostalgique de ces quelques mois! (hé hé, ça me donne envie, tous ces jolis bébés sur les blogs!!)

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  3. Et oui c'est tout a fait ça, une vie à 100 à l"heure plus de temps pour soi mais tellement de choses merveilleuses en retour, tellement de sentiments qu'on auraient jamais eu sans eux!!
    Vous formez une superbe famille !! Et de se poser 50 000 questions c'est plutôt normal, on veut tellement le meilleur pour eux...Bisous !

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  4. Hello. Ici aussi pas mal de bouleversements avec bébé 2. J'ai repris le travail et perso cela m'apporte un équilibre. Pour l'instant bébé 2 ne bouge pas beaucoup mais je redoute un peu quand il va trotter. On verra. A bientôt. Audrey

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